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Vème siècle après J.C. Dans une Asie mineure sous le joug des puissances perso-byzantines, dans un monde où les droits les plus élémentaires de l’homme sont sans cesse bafoués, les généraux « Vartanants » vont montrer qu’il existe des valeurs éternelles qu’on ne peut marchander. Des valeurs que le peuple arménien s’est forgées à travers les pages de l’Évangile et auxquelles il s’est attaché par le baptême d’eau sur les rives de l’Aradzani dès l’an 301.

Le christianisme comme religion d’état était une réalité inacceptable pour l’empire sassanide qui, depuis l’an 387 se disputait les terres arméniennes avec Byzance. A partir de cette date, le peuple arménien va traverser une période alternant troubles et accalmies. Bien qu’elle voie l’invention de l’alphabet en 405, elle s’achève par la fin de la dynastie Archagouni (Arsacide) qui régnait alors sur l’Arménie suite aux manigances du roi perse et de certains princes arméniens.

Le ciel s’assombrit encore un peu plus pour les Arméniens lorsque Yazdgard II succède à Vahram V sur le trône de Ctésiphon. Pendant 13 ans, il va resserrer son étreinte sur l’Arménie afin de réaliser son grand rêve : assimiler le peuple arménien et le fondre dans le creuset sassanide. Le rapport de force inégal pousse tout d’abord les Arméniens à se résigner avec prudence malgré une pression de plus en plus insoutenable. Mais lorsqu’en 449, par un décret officiel, Yazdgard II exige des Arméniens de renier leur foi afin d’embrasser le mazdéisme, c’en est trop.

« De cette foi, personne ne peut nous soustraire. Ni les anges, ni les hommes, ni l’épée, ni le feu, ni l’eau, ni n’importe quelle autre atteinte ». Une réunion extraordinaire a lieu dans la ville de Chahabivan, au pied du mont Ararat. Les princes, les généraux, les hauts-membres du clergé, tous les représentants du peuple arménien sont là. Ceci est leur réponse au monarque perse.

26 Mai 451, dans la plaine d’Avarayr… Les corps sans sépulture des 1036 soldats tombés auprès de leur général Vartan Mamigonian, semblent encore chanter : « Que notre sacrifice volontaire soit agréable à Dieu et que son Église ne se trahisse pas entre les mains des païens ». Ces mots permettent de saisir toute l’importance et la portée de la bataille d’Avarayr. Ce combat n’était pas le fruit des caprices d’un général, ni la fin tragique de quelques hommes en armes mais une bataille menée contre l’apostasie.

Vartan, Khorèn, Hemayag, Arsen, Dadjad, Karékin, Vahan, Nerséh et ces 1036 braves ont fait preuve de l’ultime sacrifice, celui du martyre, qu’il n’est possible de concevoir qu’à la lumière de l’Évangile. Un sacrifice loin d’être vain et privé de sens, car comme l’écrira le catholicos Nersès Chenorali près de six siècles plus tard : « Ils ont versé leur sang pour le renouveau de l’Église ».