Il n’existe aucun endroit

Il n’existe aucun endroit.

Nous arrivons à nous repérer mais toujours en fonction d’un référentiel que nous avons rarement besoin de préciser dans une conversation. Pourtant, le référentiel définit ce dont nous parlons, car l’endroit, en tant qu’endroit absolu, n’existe pas, du fait que l’immobilité n’est pas de ce monde.

L’homme a réussi à définir des coordonnées qui permettent de nous situer n’importe où sur Terre, grâce aux latitudes et longitudes, etc. Mais c’est sans prendre en considération la rotation de la Terre sur elle-même, qui nous ôte ou nous ajoute de la vitesse (465m/s pour un point sur l’équateur), ou modifie notre position dans le système solaire. On peut même aller plus loin en parlant de la révolution de notre planète. Chaque seconde, la Terre parcourt 30 kilomètres autour du Soleil. Une vitesse vertigineuse (1 dix millième de la vitesse de la lumière) que nous ne sentons pas. Mais nous sommes tout de même embarqués dans cette course et nous tournons, nous aussi, autour du Soleil. Même cloîtré dans un appartement sur son canapé à zapper devant les prouesses humaines, nous évoluons, à peu près à 30 km/s dans l’espace. L’immobilité prend alors un autre sens ! On pourrait bien sûr continuer ainsi et se référer à notre galaxie, puis aux autres galaxies autour, jusqu’à l’univers entier qui est, pour l’instant, ce que nous savons… de l’univers.

Ainsi, même dans l’espace, on pourrait imaginer, et seulement imaginer, un objet perdu là, loin de toute attraction, et imaginer encore qu’il ne subit nullement la loi de la gravité d’aucun autre objet, même vertigineusement loin. On aurait alors, malgré cela, un autre problème, c’est l’expansion de l’univers. On dit que ce dernier se dilate. Un peu à la manière d’un ballon qui gonfle. Un point marqué à sa surface resterait au même endroit malgré le déplacement de la surface du ballon. Ainsi, notre objet en question, aurait peu de chance d’être considéré comme réellement immobile, puisque l’espace lui-même l’entourant aurait changé, évolué, augmenté…

Les référentiels sont une notion nécessaire à tout repère pour les échanges entre humains, pour les rendez-vous, les prouesses techniques, et surtout pour les dialogues.

Dans un échange, le référentiel doit être fixé selon la procédure en cours. Si l’on se trouve dans un enseignement, par exemple, l’élève devra s’adapter au référentiel professeur, et ce dernier aura pour référentiel la langue avec ses mots et ses définitions officiels, ajoutant à cela la nomenclature du domaine dont il est question. En effet, un relevé, par exemple, n’aura pas la même signification dans le monde de la finance ou dans celui de la danse.

Lorsque deux personnes débattent, elles sont forcées d’avoir un référentiel commun. Et comme rarement les deux abandonnent leur ego dans les connaissances et les « savoirs » échangés, il est question de s’en référer à la seule chose qui peut être commune aux deux, le langage. La langue et ses mots, avec ses définitions et les précisions sur le sens désiré lorsque celui-ci a besoin de quitter un peu la route pour plus de précision.Dans un référentiel fixé à l’avance, tout devient possible. Nous avons la « chance » de posséder un référentiel temps, le même pour tous, un référentiel espace sur Terre, le même pour tous (malgré des différences de langages mais des conversions à disposition) et un référentiel vocabulaire, défini selon les pays et les affres du temps. On peut, bien évidemment et fort heureusement, ajouter à cela des référentiels innombrables, définis à l’avance. Ou décider d’ignorer des référentiels pour établir des théories, ou envisager la création de nouveaux référentiels. Le seul problème c’est que nombreux sont ceux qui semblent ignorer l’existence même des référentiels. Et malheureusement leur personne devient leur référentiel. Je ne suis pas sûr de la clarté de la communication entre 8 milliards de référentiels différents.