Théologie

 

 

La raison et la foi



 Les sciences et la philosophie peuvent traiter de la nature de Dieu à travers la raison et même souvent nous aider à répondre à la question de son existence. Dans son sens étymologique « théologie » est simplement toute « parole » ou « discours » sur « Dieu » ou le « divin ». Pourtant, pour Saint Thomas d’Aquin, il est nécessaire qu’indépendamment de la science et de la philosophie, il y ait une science qui est pour objet la Révélation afin de nous éclairer sur les choses qui dépassent notre entendement. Dans Somme contre les Gentils, il distingue deux manières de connaître la vérité, l’une par la raison, l’autre par la Révélation. Cette Révélation nous a été donnée par Dieu lui-même car, toujours selon Saint Thomas d’Aquin, nous aurions été incapables de connaître Ses mystères par nous-mêmes. De ce savoir dépend nos actions et nos intentions par rapport à Dieu et enfin notre salut.

Dans Somme Théologique, il élève cette connaissance au-dessus des autres : « La science sacrée, par là même qu’elle traite de Dieu comme de la première de toutes les causes, est entre toutes les sagesses humaines […], la sagesse par excellence. », car, alors que le savoir scientifique vient des objets qu’il étudie, la théologie : « enseigne ce qu’Il [Dieu] connaît Lui-même de Sa propre essence et ce qu’Il en a appris aux autres par la Révélation ». Si ce savoir nous vient de Dieu, il est alors normal de le considérer au-dessus de ce que la raison peut apporter.

La vérité de la Révélation est du domaine de la foi. Il faut accepter qu’elle nous ait été donnée par Dieu. Mais bien que foi soit synonyme de confiance, elle n’est pas aveugle pour autant. En effet, elle n’est pas incompatible avec la raison mais à plus forte « raison », elle permet de renforcer la foi. Saint Augustin nous dit : « La compréhension est la récompense de la foi. Ne cherche donc pas à comprendre pour croire, mais crois afin de comprendre, parce que si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas ».

Il n’y a pas de légèreté à croire, ni de honte à accepter les vérités de la foi. La foi est une grâce en cela qu’elle est donnée gratuitement. C’est un appel de Dieu qui s’adresse à notre intelligence et à notre volonté. Elle devient alors une conviction, un engagement volontaire dans l’espérance. Le pape Jean Paul II a écrit dans son encyclique Foi et Raison :« La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité. C’est Dieu qui a mis au cœur de l’homme le désir de connaître la vérité et, au terme, de Le connaître lui-même afin que, Le connaissant et L’aimant, il puisse atteindre la pleine vérité sur lui-même ».

Si le fait de croire dépend du don de Dieu, elle n’occulte en rien notre liberté de choisir de croire et d’accepter la Révélation. Mais ce choix se fait avec le cœur et non la raison. La grâce donne la volonté de croire et ne force pas à croire. La foi est un acte d’amour. N’est-ce pas Virgile qui nous dit : « Chacun se laisse aller aisément où la volupté l’entraîne » ? La foi est la volupté de l’âme.



V.K.

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